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Accueil du site > Archives > Journées et colloques : septembre 2008–juillet 2012 > Journées d’étude et colloques 2011-2012 > Les techniques et la globalisation : échanges, réseaux et espionnage industriel au XXe siècle

COLLOQUE INTERNATIONAL

Les techniques et la globalisation : échanges, réseaux et espionnage industriel au XXe siècle

JEUDI 29, VENDREDI 30, SAMEDI 31 MARS 2012, Paris

EHESS – Université Paris Diderot



Organisé par :

  • le Centre d’études des mondes russe, caucasien et centre-européen (CERCEC, EHESS/CNRS),
  • l’EA 337 Identités-Cultures-Territoires (ICT (Université Paris Diderot)),
  • l’UMR 7219 SPHERE (Université Paris Diderot),
  • le Laboratoire interdisciplinaire des Energies de Demain (LIED-PIERI (Université Paris Diderot)),
  • le Centre Alexandre Koyré (CNRS/EHESS),
    avec le soutien du
  • Centre d’études franco-russe en sciences humaines et sociales de Moscou (CNRS/MAE),
  • du programme ACCES et du Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche (Direction des relations européennes et internationales et de la coopération, Sous-direction des Affaires européennes et multilatérales, Département des Affaires européennes bilatérales).


Comité d’organisation

  • Arnaud Passalacqua, Université Paris Diderot, ICT,
  • Liliane Pérez, Université Paris Diderot, ICT,
  • Koen Vermeir, Université Paris Diderot/CNRS, SPHERE
  • Larissa Zakharova, EHESS, CERCEC


Comité scientifique
Allen Batteau (Department of Anthropology, Wayne State University, Detroit, Michigan),
Alain Blum (EHESS, CERCEC), Christophe Bonneuil (CNRS, Centre A. Koyré),
Maurice Cassier (CNRS, Cermes), Yves Cohen (EHESS, CRH),
Pascal Crozet (Univ. Paris Diderot/CNRS, SPHERE), Amy Dahan (Centre A. Koyré, CNRS),
Laurent Faret (Université Paris Diderot, SEDET), Patrick Fridenson (EHESS, CRH),
Jean-Paul Gaudillière (CNRS, CERMES), Marie-Angèle Hermitte (EHESS/CNRS, CENJ),
John Krige (Western Washington Univ.), Dominique Pestre (EHESS/CNRS, Centre A. Koyré),
Kapil Raj (EHESS, Centre A. Koyré), Luc Valentin (Univ. Paris Diderot, LIED)



Vers l’argument

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Programme

PDF - 836.9 ko

résumés/Abstracts


PROGRAMME



JEUDI 29 MARS


EHESS, salles du Conseil A et B, 190 av. de France, 75013 Paris
Métro : Quai de la Gare ou Bibliothèque François Mitterrand



9 H30 Ouverture
9 H 40 Introduction par Patrick Fridenson (CRH, EHESS)



10 :00 – 12 :15 AVIATION ET AÉRODYNAMIQUE
Président de séance Pascal Crozet (SPHERE, CNRS) ; discutant Allen Batteau (Department of Anthropology, Wayne State University, Detroit, Michigan)


10:00 – 10:30 Claudine Fontanon (Centre A. Koyré, EHESS)
Diffusion à l’échelle mondiale du système Eiffel


10:30 – 11:00 Mikhail Mukhin (Académie des sciences de Russie)
« Aluminium for Red Airforce” : Foreign Technology in Making of the Soviet Aluminium Industry, 1928-1941


11:00 – 11:15 pause


11:15 – 11:45 David Burigana (Université de Padoue)
Interes et impera… La coopération aéronautique et la survie d’une industrie « nationale » en vue d’un marché global à fragmenter à partir des années 1960


11:45 – 12:15 Discussion



13 :30 – 16 :15 LES CHEMINS DE LA GLOBALISATION
Présidente de séance Larissa Zakharova (CERCEC, EHESS) ; discutant Yves Cohen (CRH, EHESS)


13:30 – 14:00 Valentina Fava (Helsinki Collegium for Advances Studies)
From Peaceful Competition to Cooperation : Fiat technology and the Soviet Union (1960-1970)


14:00 – 14:30 Arnaud Passalacqua (Université Paris 7, ICT)
Une Europe sur les rails : tramway et globalisation des transports urbains


14:30 – 15:00 Romain Demissy (Paris Diderot, LADYSS)
Industries connexes au vin de champagne : construction de la spécificité et transformation au XXe siècle


15:00 – 15:30 Petia Koleva (Université Paris Diderot, LADYSS)
La transformation des systèmes de distribution alimentaire en Bulgarie et en Pologne : de l’héritage à l’hybridation ?


15:30 – 16:00 Discussion


16:00 – 16:15 pause



16 :15 – 17 :45 ENVIRONNEMENT ET ENERGIE
Président : Christophe Bonneuil (Centre A. Koyré, CNRS), discutante : Amy Dahan (Centre A. Koyré, CNRS)


16:15 – 16:45 Soraya Boudia (Université de Strasbourg, IRIST)
Les systèmes transnationaux d’observation et de surveillance de l’environnement : techniques et géopolitique de la globalisation


16:45 – 17:15 Aleksandra Majstorac Kobiljski (CECMC, CNRS/EHESS)
Faire mieux, faire pire : innovation dans les techniques du coke et pollution de l’eau au Japon (1895-1920)


17:15 – 17:45 Discussion





VENDREDI 30 MARS


Université Paris Diderot, salle des thèses, UFR GHSS
Dalle les Olympiades - Immeuble Montréal, 105 rue de Tolbiac, 75013 Paris
Métro : Olympiades


9:30 – 12:15 ACTEURS, PROCEDES ET ENJEUX DE GLOBALISATION
Président Arnaud Passalacqua (ICT, Paris 7) ; Discutant Dominique Pestre (Centre A. Koyré, CNRS)


9:30 – 10:00 Sergey Zhuravlev (Académie des sciences de Russie)
The Tungsten Undercovered Operation of the 1920s : a Case Study of the Soviet Economic Espionage


10:00 – 10:30 Valérie Pozner (ARIAS, CNRS)
Circulation des techniques du parlant et des modèles d’organisation de l’industrie cinématographique de l’Ouest vers l’URSS au début des années 1930


10:30 – 10 :45 pause


10:45 – 11:15 Ferruccio Riccardi (Centre Maurice Halbwachs, CNRS-EHESS-ENS)
Les techniques managériales à l’heure de la Guerre froide : la parabole des « relations humaines » dans l’Italie des années 1950-1960


11:15 – 11:45 François Wassouni (Université de Maroua, Institut Supérieur du Sahel)
Les ONG, la coopération internationale et la transformation des techniques artisanales en Afrique. L’exemple du secteur du cuir de la ville de Maroua dans la région de l’extrême-nord du Cameroun


11:45 – 12 :15 Discussion




13 :30 – 17 :30 TELECOMMUNICATION ET MISE EN RESEAU DU MONDE
Président : Koen Vermeir (REHSEIS, Paris 7) ; discutant : Alain Blum (CERCEC, EHESS)


13:30 – 14:00 Frank Schipper (Leiden Univ., The Netherlands/German Historical Institute, Washington D.C.)
“The priceless service of the beneficent Genius of Electricity” : Telegraph tariff reform between European and global governance (1885-1914)


14:00 – 14:30 Larissa Zakharova (CERCEC, EHESS)
Insertion des techniques étrangères de communication dans l’environnement industriel soviétique : centraux téléphoniques Ericsson à Leningrad


14:30 – 15:00 Léonard Laborie (IRICE, CNRS)
Un standard de la globalisation : le GSM


15:00 – 15 :30 Discussion


15:30 – 16 :00 pause




16 :00 – 17 :30 REGIMES DE PROPRIETE INTELLECTUELLE
Présidente : Liliane Pérez (ICT, Université Paris 7) ; discutante : Marie-Angèle Hermitte (CENJ, EHESS/CNRS)


16:00 – 16:30 Gabriel Galvez-Behar (Lille III)
Empires et propriété industrielle, fin XIXe - début XXe siècles


16:30 – 17:00 Maurice Cassier (Cermes, CNRS)
Nationaliser l’Efavirenz : licence obligatoire, invention collective et néodévelopementisme au Brésil (2001- )


17:00 – 17 :30 Discussion





SAMEDI 31 MARS


EHESS, Amphithéâtre François Furet, 105 bd Raspail, 75006 Paris
Métro : Saint Placide ou Notre Dame des Champs

9:30 – 13:00 TECHNIQUES MEDICALES
Président : Maurice Cassier (Cermes, CNRS) ; discutant : Jean-Paul Gaudillière (CERMES, CNRS)


9:30 – 10:30 Grégory Dufaud (CRHS, Paris 1)
Les institutions psychiatriques soviétiques dans les années 1920 : le résultat de la circulation des techniques de soin occidentales ?


10:30 – 11:00 Lucia Candelise (Université Paris Diderot, SPHERE)
L’appropriation de l’acupuncture en France au xxe siècle. Un processus d’acculturation et d’insertion locale dans le contexte de globalisation


11:00 – 11 :30 pause


11:30 – 12:00 pause Ana Aranzazu (Université Paris Descartes, CERMES)
Le réseau mondial de surveillance de la grippe de l’OMS : globalisation, innovation et santé publique. La surveillance de la grippe en Chine


12:00 – 12 :30 Discussion


12:30 – 13:00 BILAN DU COLLOQUE






ARGUMENT


Bien que la globalisation (la mondialisation) économique reste un sujet de controverses en sciences sociales, et ce jusqu’au choix du terme, elle est souvent comprise comme un processus historique d’intégration économique mondiale, vu comme une conséquence de l’intensification des échanges commerciaux internationaux, avant tout des matières premières et des produits de consommation. Au XXe siècle, la standardisation et les compagnies multinationales, qui s’appuient sur les mécanismes institutionnels et organisationnels facilitant les transferts de know-how, incarnent les processus conjoints d’importation-exportation et de globalisation. Quel est alors le rôle des techniques dans la globalisation au XXe siècle ? Leurs circulations supposent des processus complexes liés à l’adaptation à l’environnement économique et institutionnel du pays d’accueil, à la délocalisation de la main d’œuvre qualifiée et des sites de production. Le passage d’un pays à l’autre modifie les techniques d’une manière conséquente, comme en témoigne entre autres l’histoire de l’industrie automobile soviétique qui, selon les époques, utilisait les moteurs Ford, Renault et Fiat, sans pour autant que l’on confonde une automobile soviétique avec une véhicule américaine, française ou italienne. Ce colloque propose d’analyser les facteurs qui interviennent dans l’appropriation des techniques par le contexte d’accueil, tels l’environnement industriel, la qualification du personnel qui doit manipuler une nouvelle technique, ou la réception par les usagers ou les consommateurs. Il s’agit également de mettre en exergue les obstacles aux transferts des techniques, qu’ils soient institutionnels ou d’une autre nature. Enfin, le colloque s’attache à étudier les conséquences aussi bien économiques et industrielles, que politiques, sociales et culturelles des circulations des techniques aux niveaux nationaux et transnational. Il s’intéresse aux façons dont ces circulations changent les territoires de l’économie et les rapports entre les pays, les inégalités et les clivages (pays riches/ pays pauvres).

Refusant l’européocentrisme du développement des techniques et la vision selon laquelle leurs transferts contribuent à l’uniformisation du paysage au niveau mondial, on propose d’« envisager des trajectoires multiples sans cesse réorientées par des contacts, des relations, des prises et des déprises à l’égard de processus systémiques mondiaux et globaux » (Karen Barkey, « Trajectoires impériales : histoires connectées ou études comparées ? », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 54-5, 2007, p. 94). Ainsi, par le biais de plusieurs contributions, nous espérons construire un « méta-récit » qui laisse la juste place aux influences mondiales aussi bien qu’aux facteurs locaux dans les innovations techniques.
On s’intéressera aux passerelles du processus de globalisation, aux zones émergentes d’interaction et aux formes de communication spécifiques qu’elles entrainent : les échanges, les réseaux et l’espionnage industriel. Les échanges sous-entendent un principe d’équitable : chacune des parties pouvant offrir à l’autre un de ses acquis techniques. Dans les réseaux, lors de la coopération par exemple, deux ou plusieurs parties fournissent leurs efforts sur un chantier ou dans un secteur industriel. Dans les deux cas, les connaissances et savoir manipuler les techniques sont des mécanismes de circulation. Certaines techniques déracinées de leur contexte d’origine, ne survivent pas dans le contexte d’accueil, car elles n’ont pas de dispositif institutionnel sur lequel elles auraient pu s’appuyer. La délocalisation de la production est une solution pour rapprocher les producteurs des usagers/consommateurs car cette proximité est une condition nécessaire à la survie des techniques. Dans quels cas on assiste à la délocalisation, dans lesquels on continue l’importation ?

La concurrence ou les régimes politiques différents, surtout dans le contexte de la Guerre froide, favorisent les emprunts par le biais de l’espionnage industriel. Ce dernier s’accompagne des formes impersonnelles de communication, à travers la documentation. L’enjeu est de produire un analogue pour se libérer de la contrainte d’importation des pièces de rechanges dans le cas d’achats des produits finis. Paradoxalement, quand les régimes politiques différents freinent les possibilités d’échanges et de constitution des réseaux, cela n’entrave pas la globalisation qui se passe alors de façon « illégale ». Le système des brevets est une tentative de résoudre à un niveau international des appropriations et des transferts illégaux. Quels sont les acteurs des processus contradictoires et non linéaires de circulations des techniques et de globalisation et comment se croisent les intérêts des institutions, des entreprises et des autorités ? Nous proposons de nous situer tout d’abord au niveau des individus pour saisir leur rôle dans la globalisation, par le biais de l’observation de leurs missions dans le contexte d’accueil. Ce niveau micro d’analyse peut être suivi du niveau méso auquel deviennent visibles les stratégies pour créer une dépendance (telles que la décision de livrer un équipement sans documentation technique pour faire venir le personnel qualifié) ou les logiques qui amènent à la résistance aux standards internationaux. Le niveau macro permettra des comparaisons (par exemple des destins de la spécialisation du travail face à la standardisation) et une généralisation.