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Accueil du site > Archives > Journées et colloques : septembre 2008–juillet 2012 > Journées et colloques 2009-2010 > Géométrie(s), pratiques d’arpentage et enseignement : quels liens et dans quel contexte ?

Journées d’étude

Géométrie(s), pratiques d’arpentage et enseignement : quels liens et dans quel contexte ?

Salle Klimt, 366A à l’Université Paris 7 – CNRS, bâtiment Condorcet, laboratoire SPHERE, UMR 7219, 4, rue Elsa Morante, 75013 Paris. Plan.

Programme

15 mars, 9h30-13h

A. Bernard, C. Proust
Introduction : Pourquoi ces journées d’étude ?
Piedad Yuste (UNED, Espagne)
L’enseignement de la géométrie dans l’ancienne Mésopotamie
Maryvonne Spiesser (Institut de Mathématiques de Toulouse, UMR 5219)
Les problèmes de géométrie pratique dans les arithmétiques médiévales

15 mars, 14h30-18h

Giovanna Cifoletti (EHESS, CAK et PRI ‘mathématiques et histoire’)
La géométrie pratique des écoles d’abaque aux académies, de l’Italie à la France

16 mars, 9h30-13h

Bernard Vitrac (CNRS, Centre Gernet)
Le corpus métrologique héronien et pseudo-héronien
Marc Moyon (CSHE Univ. Lille 1 UMR 8163)
Autour du corpus arabe de la ‘science du mesurage’ (ilm al-misaha)

16 mars, 14h30-18h

Samuel Gessner (CIUHCT, Univ. de Lisbonne)
Le rapport avec l’enseignement de certains instruments (de dessin ou de relevé) au XVIe siècle
Jeanne Peiffer (CNRS – CAK)
Transmettre la perspective dans l’atelier et par l’imprimé. Les Kunstbücher du XVIe siècle


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Argumentaire

Ces journées d’études s’inscrivent dans le cadre d’un programme d’étude déjà ancien de quatre ans. Ce programme général s’intéresse aux contextes de production des savoirs scientifiques anciens ou modernes qui sont liés à une situation d’enseignement ou d’apprentissage. Il réunit depuis quatre ans, autour d’interrogations épistémologiques et méthodologiques communes, des chercheurs d’histoire des sciences dont les objets requièrent des compétences linguistiques et disciplinaires hautement spécialisées (mathématique grecque, chinoise ou arabe, astronomie babylonienne ou indienne, médecine chinoise, etc.) définitivement disjointes dans leurs objets. Cependant, ces chercheurs ont fait le même constat : les sources du savoir scientifique sont trop souvent inventoriées (quand elles le sont) sans prendre en compte les différents « contextes » de transmission qui ont donné sens et pérennité aux savoirs en question, et plus particulièrement les contextes d’enseignement dans lesquels ce savoirs étaient réélaborés et transmis. Par « contexte d’enseignement », il faut entendre tout d’abord le contexte au sens strict (l’ensemble matériel des sources qu’il faut interpréter dans leur cohérence), au sens large (l’environnement socio-historique –qu’il soit religieux, technique, économique- qui légitime ces savoirs et leur donne un sens), enfin le « contexte de travail », c’est-à-dire les situations de production et de transmission mettant en relation « savants » et « novices ». L’hypothèse commune, déjà mise à l’épreuve par le collectif porteur du projet, est que ces contextes d’enseignement doivent être étudiés ensemble et que c’est cet ensemble, que nous appelons ici ‘dispositif d’enseignement’, qui a donné à ces savoirs leur identité et pérennité. Ils constituent donc à la fois un point crucial de leur construction et un point aveugle des études historiques.

Dans la continuité de ces travaux, nous souhaitons nous intéresser en 2010 à certaines façons de présenter la géométrie élémentaire, plus particulièrement aux séries de problèmes ordonnés selon divers critères. Cette forme de texte, fréquente dans les sources anciennes, est généralement interprétée comme des ensembles structurés d’exercices de complexité croissante élaborés à des fins d’enseignement. C’est le cas par exemple des ’géométries pratiques’ ou des ’géométries d’arpenteur’ du monde médiéval latin, de leurs sources grecques et arabes, ou de textes appartenant aux traditions de Mésopotamie, d’Inde ou de Chine.

Les « géométries pratiques » ou « géométries d’arpenteurs » méritent-elles toujours ce nom et pourquoi ? Ont-elles aux géométriques pratiques stricto sensu un lien de filiation textuelle ? Conceptuelle ? Culturelle ? Et à chaque fois lequel ? Ou bien ne s’agit-il que d’une analogie et quels en sont alors les critères ? Toutes ces questions doivent nous permettre de traiter de manière fine la question du lien que ces corpus ont dans tous les cas à l’enseignement : ce lien est-il avéré dans tous les cas et pour toutes les périodes où ces corpus ont eu une identité pour leurs utilisateurs ? Si oui, quel était l’enseignement concerné et à qui s’adressait-il ? Comment peut-on le reconstituer ? Est-il postulé par l’historien en fonctions de critères internes, ou avéré par d’autres témoignages (préfaces, textes programmatiques, encyclopédies.) ? Telles sont les questions que nous adressons aux collègues qui participeront aux journées.

Comme précédemment, les journées de 2010 s’inscrivent donc dans une réflexion générale sur les sources scientifiques (mathématiques, astronomiques, médicales, divinatoires, lexicographiques, philosophiques, etc. ...) dans un contexte d’enseignement. Les orateurs sont donc invités à dégager des enjeux théoriques s’inscrivant dans la problématique générale, et à prévoir des présentations susceptibles d’intéresser les collègues spécialistes de documentations très diverses par leurs contenus et leurs contextes historiques.